F.A.Q

FOIRE AUX QUESTIONS

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© La Provence

Vivez-vous de votre plume ?

J’ai commencé à vivre de ma plume à vingt-cinq ans. J’ai commencé jeune, puisque j’ai publié mon premier texte à vingt ans dans une anthologie chez ActuSF (Fugue en Ogre mineur).

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours écrit. Avant même de savoir écrire, je dictais d’ailleurs à ma cousine nos aventures bucoliques en abusant du passé simple. En primaire, je tenais à jour un carnet de contes cosmogoniques. Au collège, j’ai eu la chance immense d’avoir pour professeure de français l’écrivaine Danielle Martinigol.

Lorsque je suis entrée au lycée, j’ai fréquenté un atelier d’écriture. C’est à cette époque que j’ai commencé à écrire deux heures par jour. Je me suis lancée dans un roman à quatre mains avec une amie de l’époque, une histoire de vampires humoristique. Après l’avoir fini, nous l’avons envoyé fort modestement à deux petits éditeurs : Hachette et Gallimard. Qui l’ont refusé. Nous en avons été très étonnées.

Les années passant, j’ai continué à me voir refuser des romans les uns après les autres, tout en commençant l’écriture de nouvelles. J’ai eu davantage de chance avec ces dernières, puisque, outre le texte publié chez ActuSF, j’ai été primée deux fois au concours du CROUS. J’ai également publié des nouvelles dans le magazine Maxi, la revue littéraire Harfang et le mensuel Lanfeust Mag, où j’ai en prime commencé à écrire des scénarios d’histoires courtes en BD. En parallèle de ces publications et de mes études, j’ai été correspondante pour Presse Océan, un quotidien régional, où je tenais une chronique hebdomadaire. J’ai ensuite travaillé brièvement pour Ouest France.

J’ai rejoint le Gottferdom Studio en septembre 2007 pour faire de l’écriture mon activité à plein temps. La trilogie SinBad, coscénarisée avec Christophe Arleston et dessiné par Pierre Alary chez Soleil, a été ma première BD publiée. Une quarantaine de BD, albums jeunesse, dessins animés ou romans ont suivi depuis, dont Princesse Sara, une série dessinée par Nora Moretti et inspirée du roman de Frances Hodgson Burnett qui est mon principal succès à ce jour, avec onze titres publiés.

Depuis quelques années, je me consacre principalement au roman, activité chronophage entre toutes. Les deux premiers à être sortis sont les Poisons de Katharz chez Actusf (grand format) et Pocket, et Magic Charly chez Gallimard Jeunesse.

Férue de traditions orale, je suis également devenue conteuse, ce qui à mes yeux n’est qu’une autre branche du métier. J’aime particulièrement conter pour les enfants, parfois accompagnée par ma chère Nora qui réalise les dessins en direct.

Quelles études avez-vous faites ?

J’ai commencé par un DEUG en lettres classiques. J’étais passionnée de latin, mais ai fini par prendre le grec ancien en grippe, si bien que je me suis enfuie en Licence de Lettres modernes. Après quoi, j’ai obtenu un Master en littérature et édition. Et, pour faire bon poids, une Licence d’information-communication. En parallèle de ces études, j’ai été lectrice professionnelle pour une petite maison d’édition régionale, c’est à dire que je lisais les manuscrits envoyés par les auteurs par la poste et en faisais des compte-rendus. J’ai également fait de nombreux stages en PQR (Presse Quotidienne Régionale) et en édition, tout au long de mon cursus.

Pour le conte, je me suis formée auprès d’une association.

Avez-vous un agent ?

Depuis 2017, mon agent est Roxane Edouard chez Curtis Brown, à Londres. Ce fut un grand soulagement que de pouvoir remettre ma carrière entre ses mains. Comme beaucoup d’auteurs, la partie négociation et rédaction des contrats est celle que je redoute le plus. Je pense que les éditeurs n’aiment pas ça non plus, à dire vrai, sans quoi ils n’embaucheraient pas des services juridiques spécialement dédiés à cela.

Mais Roxane ne négocie pas seulement pour moi. Elle est aussi celle qui va m’aider à mettre en place une stratégie littéraire, la première relectrice de mes textes (après mon mari), celle qui me conseille et qui prend toujours du temps pour moi, même quand elle n’en a pas. Celle qui dénoue les problèmes inextricables, celle qui trouve les solutions.

Enfin, elle me représente à l’international, ce qui n’est pas rien. Car je dois dire qu’à ce niveau-là j’ai souvent été déçue par mes éditeurs qui confisquaient mes droits internationaux sans rien en faire.

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Roxane Edouard, mon agent

Où travaillez-vous ?

Je travaille à Aix-en-Provence, à l’Atelier Gottferdom où j’ai mon bureau et l’essentiel de mes bibliothèques. Dans cet endroit autrefois siège de Lanfeust mag, nous sommes une dizaine d’artistes-auteurs à travailler quotidiennement, tels que Christophe Arleston (scénariste de BD, journaliste et romancier), Dominique Latil (scénariste de BD et de dessin animé), Daniela Dimat (dessinatrice de BD), Messalyn (peintresse de magnifique aquarelles), Carole Breteau (scénariste de BD et dessins animés), Manon Lefeuvre (dessinatrice de BD) et Sébastien Caiveau (illustrateur de jeux de société et de couvertures de roman).

Toutefois, dès que j’en ai l’occasion, j’aime m’enfuir en Bretagne pour travailler au milieu de la verdure qui me manque un peu trop à Aix…

Avez-vous une routine de travail ?

En général, j’arrive à l’atelier vers 8h45 le matin et je passe la matinée en paperasse. Répondre aux mails, aux interviews, gérer les co-auteurs, les éditeurs, etc. Les dossiers Agessa, Sofia, SNAC, ADAGP et tous les trucs d’auteurs possibles et imaginables. Je lis énormément d’articles aussi. J’ai longtemps culpabilisé de cette procrastination avant de me rendre compte à quel point ça avait nourri mon imaginaire et ma réflexion au cours de ces dernières années.

L’après-midi, j’écris. Parfois, je m’éloigne de mon écran et je vais noircir des carnets au salon de thé Coco Bohème, à la librairie Book in Bar ou au Palais des Thés. Je finis tous les soirs ma journée à 18h20. Depuis que j’ai des impératifs familiaux, c’est devenu plus compliqué de travailler le week-end et en soirée, mais je le fais autant que possible.

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Oui, il y a écrit BUREAU sur mon bureau.

Où puisez-vous votre inspiration ?

De mon point de vue, l’imagination n’est pas une chose qui se puise, mais qui se muscle. Bien sûr, il est nécessaire de la nourrir en lisant, en regardant des séries ou simplement en étant attentif aux gens qui nous entourent. Mais plus vous aurez d’idées, plus vous en aurez. C’est comme réaliser des performances sportives. Après beaucoup d’entraînement, ça ne devient pas beaucoup plus facile, mais du moins s’améliore-t-on sans cesse.

Comment peut-on vous rencontrer ?

Je me déplace parfois en librairie, bibliothèque, salons du livre et festivals de BD. J’en ai sérieusement ralenti la fréquence ces dernières années, car cela impactait trop ma capacité de travail.

Je donne régulièrement mes dates de dédicace sur ma page FB, quoique j’ai plutôt tendance à faire confiance au hasard pour rencontrer mes lecteurs. Ma page Instagram est tout de même beaucoup plus à jour.

Pour les contes, interventions scolaires, prestations cosplays et expositions, voir la page dédiée.

Quels conseils donneriez-vous à une personne souhaitant devenir écrivain.e ?

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© Gabriel Foulcanon

Je ne connais pas deux collègues ayant un parcours professionnel identique, sauf peut-être parmi les dessinateurs. Et pour cause : nous avons aujourd’hui de fantastiques écoles de dessin (Pivaut, les Gobelins, Emile Cohl, Les Arts Déco de Strasbourg… etc), quand les formations en écriture commencent seulement à faire leur apparition…

Si vous n’avez pas les moyens ou la possibilité de faire une formation professionnelle, vous pouvez parfaitement apprendre en autodidacte. Des livres comme Écriture : mémoire d’un métier de Stephen King pourront vous y aider, ainsi que des sites comme Envie d’écrire ou MonBestseller.com, qui vous proposeront des articles détaillés (gratuits) ou un accompagnement personnalisé (payant). Je conseille aussi de se renseigner sur le milieu en lisant par exemple les articles d’Actualitté (il ne se passe pas un jour sans que j’en lise quelques pages) ou en consultant les vidéos de Samantha Bailly qui sont une excellente base.

Pour le reste ça n’est que du travail, du travail et encore du travail. Une solide culture générale vous aidera (car l’imagination repose sur l’association d’idées) et il y a mille façon de s’en construire une. Je trouve que la façon la plus facile, celle des fainéants, est encore de faire des études. Mais certaines des personnes les plus cultivées que j’aie pu rencontrer étaient des autodidactes. Ensuite, vous pouvez rejoindre des communautés sur le Net (comme Cocyclics), qui vous encourageront et vous soutiendront moralement dans ce long chemin qu’est l’écriture.

En ce qui me concerne, je n’accepte pas de relire et de corriger les manuscrits qu’on pourrait m’envoyer. C’est un métier différent du mien et qui demanderait énormément un temps que je ne possède pas. S’il vous plait, ne le prenez pas mal quand je refuse, ce n’est pas dirigé contre vous.

Dernier conseil, cent fois sur le métier remettez votre ouvrage et ne soyez pas économe sur les idées. Souvent, les débutants se contentent d’un premier jet un peu pauvre quand les auteurs professionnels vont jeter presque un quart de leur texte à la poubelle lors de la relecture, et enrichir, et corriger encore pendant des semaines une fois le premier jet achevé : le talent n’est rien d’autre que du travail.