de Pins

Une nuit érotique…

La nuit de samedi à dimanche a été riche en émotion, puisque j’ai participé à un concours de nouvelles très particulier. Les Avocats du Diables (rattachés aux éditions du Diable Vauvert) l’avaient annoncé tambour battant : le premier prix de la nouvelle érotique aurait lieu la nuit du changement d’heure.

http://41.media.tumblr.com/d5db86201da9332b8d62145092e94717/tumblr_nwkso86IxT1tmm38no1_1280.jpg

Pour participer, il fallait s’inscrire en avance, avec lettre de motivation et C.V. En effet, le concours était ouvert aux seuls auteurs ayant déjà publié. Malgré cette restriction, ce sont 338 concurrents qui se sont retrouvés sur la ligne de départ. Uniquement des collègues, donc.

Pendant quelques semaines, je me suis fait la main sur des contes érotiques que je travaille pour un gros projet. J’espère être bien préparée.

Minuit. Je découvre ravie qu’avec l’offre éclair Amazon, j’ai vendu 513 copies en une journée de mon roman Les Poisons de Katharz (lisez-le), ma joie est grande, mais elle ne dure pas, car alors, le sujet tombe :

CONTRAINTE DE SITUATION :

JAMAIS SANS TOI, PEUT-ÊTRE AVEC UN AUTRE…

MOT FINAL : ANCRE

http://media-cache-ec0.pinimg.com/736x/31/8f/99/318f990f1bad1d567da01e6c26d4d53d.jpg

Arthur de Pins est le maître de la petite Pin-Up érotique. Si vous aimez ses dessins, vous pouvez vous procurer ses BD : Pêchés Mignon. C’est drôle, sexy et adorable. (Il a aussi écrit une série qui s’appelle Zombillenium absolument fabuleuse. Et puis aussi La Marche du Crabe – Arthur de Pins est un dieu).

Rhhaaa, non… J’aime pas… Par chance, je sais qu’une de mes collègues, la très talentueuse Rutile, participe également. Je la Skype immédiatement. Elle maudit le jury autant que moi pour ce sujet qui nous traîne de force vers des poncifs consternants. Mais c’est justement là qu’est tout l’enjeu : les Avocats du Diable – qui ont bien insisté sur la nécessité de les surprendre – sont quand même un peu pervers.

On brainstorme un petit moment toutes les deux. On ricane. On échange des idées aberrantes. On finit par raccrocher, pas beaucoup plus avancées, mais rassérénées. Moi qui ai horreur de me coucher après 23h, surtout depuis qu’un petit bout de viande hurlant me réveille tôt le matin, j’aurais probablement laissé tomber sans la présence rassurante de mon amie. Je me sens moins seule dans la nuit.

Finalement, les réflexes professionnels reprennent le dessus, dix minutes plus tard j’ai un pitch. Le mot final me servira de chute. C’est assez original et je pense (du moins j’espère) que je serai la seule à l’exploiter de cette manière. J’en rigole d’avance. Je suis inspirée. Une heure plus tard, j’ai un synopsis bien ficelé. Je râle un peu quand même, car tous les bouquins dont j’ai besoin sont restés au bureau. Zut. Il faudra faire sans. En plus, le voisin étudiant qui nous pirate la connexion depuis deux ans a dû lancer le téléchargement de l’intégrale de La Petite Maison dans la Prairie, j’ai un réseau pourri.

http://media-cache-ec0.pinimg.com/736x/4f/cd/38/4fcd387850cf091b969e12767fd05269.jpg

Je commence à m’effondrer. Je n’ai pas l’habitude de veiller. Je ratiboise le frigo alors que je n’ai pas faim. Occuper les maxillaires, ça tient éveillé. J’avale coup sur coup deux cafés. D’habitude, je n’en bois jamais : ça me rend complètement insomniaque, parfois pour 48 heures. Mais cette fois-ci, tant pis pour les conséquences. Je m’accroche.

Je délire sur ma page FB dans le silence de la nuit. Un ou deux lecteurs réagissent, ça fait du bien. Et là, surprise ! Une collègue et amie, Ericka Sarmiento m’annonce qu’elle participe aussi ! Elle vient de rentrer de soirée, il est deux heures du matin, et elle s’y met tout juste, la courageuse !

J’ai commencé l’écriture, un petit cinquième du récit à vue de nez. Je reçois un texto de Rutile qui m’annonce qu’elle lâche l’affaire. Re-skype. J’essaie de l’encourager, son histoire est pourtant excellente, et je sais qu’elle est redoutable en érotisme. J’ai déjà lu certaines choses… elle a le potentiel pour remporter le premier prix les doigts dans le nez ! Mais elle n’est pas contente de son écriture, elle préfère travailler plus lentement et puis de toute façon, elle est crevée. Tant pis. Ciao Rutile.

Heureusement, il me reste Ericka.

https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/736x/4d/b5/84/4db5849af851b451b194e13b66b253d6.jpg

Mon ascenseur est en panne depuis une semaine. A priori, aucun lien. Sauf que lundi, je me suis fracassé le dos en descendant la poussette et mon fils dans les escaliers (sur quatre putains d’étages) et que sur les mauvaises chaises de la cuisine, la douleur se rappelle à mon bon souvenir. En hurlant. Tant pis. J’avale un antalgique. Je continue. Heureusement que je n’ai pas de coke sous la main, je pourrais finir par me laisser tenter.

Le changement d’heure en a avalé une, ni vu ni connu. Il est 4h30. Plus qu’un petit quart du récit mais mes yeux me brûlent. J’avale le reste de la quiche aux épinards pour la peine. Je la trempe par erreur dans la confiture. Je suis étonnée de trouver le mélange sympa. ça devient n’importe quoi.

Je finis ma nouvelle à 5h51. Plus qu’une petite relecture et ça ira. Une faille spatio-temporelle passe par là et je perds 45 minutes dans mes corrections. J’ai la vague impression que ma chute est un poil trop rapide et qu’il reste quelques coquilles. Malheureusement, les lignes se dédoublent sous mon regard, je ne vois plus rien.

http://media.paperblog.fr/i/96/963768/pin-up-pins-L-1.jpeg

Et puis alors : la panique. J’ai oublié de trouver un titre. J’en avais écrit un à l’arrache, mais décidément, ça ne va pas. J’en tente un second pas bien meilleur. Pas grave.

Il est H – 15 minutes. Un coup d’oeil au compteur de signes : ouf, je suis bien au-dessous du maximum autorisé de 20 000. J’ai trop peur que la connexion qui lambine comme c’est pas permis ne me plante à la dernière minute. J’envoie.

Alea jacta est, comme dirait Chuck Norris.

Je tiens debout comme un zombie, en attendant l’accusé de réception. Je ne le reçois pas tout de suite, je jette l’éponge et mon tablier. Au lit !

Tous ces événements m’ont un peu… énervée. Je tente une approche auprès de mon conjoint, il me répond par un tonitruant ronflement. Bon.

Mon fils se réveillera dans une heure, je n’arriverai pas à dormir cette nuit-là.

M’en fous. I did it.

Deux heures plus tard, j’apprendrai que 242 collègues ont rendu leur copie dans les temps. Plus de 70% des participants. Ça met un peu la pression. Mais les résultats ne tomberont pas avant mars.

Bon courage à tous. On le refait l’an prochain ?

6 Comments

    1. OUi, finalement, j’ai bien reçu l’accusé une heure plus tard. A priori, je devrais savoir vers février si je fais partie des 20/25 de la tête de liste. Et résultats finaux en mars !
      Merci 🙂

      1. Faudra nous prévenir quand les résultats arriveront. La publication sera effective même sans un résultat positif ou ils ont bloqué la possibilité par des droits d’une façon ou d’une autre ?

        1. Pas de résultat avant le 26 mars. Mais je crois qu’il y a une présélection d’environ 25 textes, environ un mois avant. L’idée, si j’ai bien tout compris, est de faire un recueil. Par contre, non, pas de « bloquage » d’une façon ou d’une autre. Le Diable Vauvert est une maison qui a une certaine éthique (d’ailleurs, sans cela, je n’aurais pas participé).

Comments are closed.