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Plafond de verre : mode d’emploi

On pourrait prétendre que ce billet n’est pas d’actualité. Après tout, la grogne des femelles suite à leur absence dans la liste des auteurs sélectionnés pour le grand prix d’Angoulême est une affaire qui a déjà trois mois, même si Franck Bondoux a récemment fait parler de lui en exploitant sa fibre misogyne.

Malheureusement, après les hauts cris, les scandales, la tempête se calme et… viennent les bavardages entre copains. Et c’est là, entre deux aimables paroles de collègues qui ne vous veulent que du bien, qu’on mesure le chemin qui reste à parcourir.

Car durant et depuis cette histoire, la phrase que j’ai le plus souvent entendue est à quelques mots près la suivante : « c’est quand même pas notre faute si les femmes n’ont pas de succès en BD, et qu’on n’en connait pas des masses de célèbres, on va quand même pas réécrire l’histoire ! » Ces chers amis sont conscients que ce serait quand même abuser d’arguer que les hommes sont naturellement plus doués pour le métier, mais on sent que ça les démange un brin…

Alors, alors… Depuis deux ans, on voit fleurir des études intéressantes, relayées par Livres Hebdo ou Actualitté. On va me dire que c’est insuffisant, qu’on manque de recul, etc… Oui, mais il y a encore cinq ans, c’était des questions qu’on ne se posait même pas, et mises bout à bout, additionnées à mes propres expériences et à celles de mes collègues, je trouve que ces études brossent un tableau intéressant de la profession. D’ailleurs, je parle ici du monde du livre, mais ça pourrait valoir dans bien d’autres domaines.

Mesdames et messieurs, sous vos yeux ébahis, j’ai donc exploité DIMAT une amie et collègue dessinatrice (et consentante) pour vous conter comment une autrice peut se manger le « plafond de verre » dans les dents à environ toutes les étapes de sa carrière. Parce que dans les faits c’est comme ça que ça fonctionne. La donnée qui sort sur une feuille de statistiques n’est pas arrivée là d’un coup de baguette magique (non, non).

PlafondVerre1* Les éditeurs plus cléments avec les auteurs au pseudonymes masculins ?

PlafonVerre2* Les auteurs gagnent en moyenne 52% de plus que les autrices.

* Les femmes sont sous-représentées dans les critiques littéraires

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Comme dirait l’une de nos collègues (Xaël – @xael_bd), on ne demande pas de refaire l’histoire de la BD, mais de reconnaître qu’elle est réécrite en niant l’existence des femmes.

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On pourra s’étonner que nous ayons tenu à réaliser cette petite BD avec ma collègue. C’est que le sexisme a profondément marqué notre carrière, sur des histoires minimes, bien sûr, qui additionnées bout à bout finissent par faire beaucoup… Mais il nous reste aussi en mémoire quelques anecdotes truculentes. Comme quand un lecteur, croyant flatter Dimat lui a sorti en pleine dédicace : « qu’est-ce que vous dessinez bien ! On croirait que c’est fait par un homme ! » (je précise que Dimat a d’ordinaire un trait plus réaliste). Ou ce journaliste qui, au tout début de ma carrière (j’avais alors 25 ans) m’a interviewée en me tripotant la cuisse pendant dix minutes, et qui, après que je lui ai fait comprendre fort délicatement que je n’étais pas intéressée, n’a non seulement pas publié l’interview mais a rédigé la critique la plus assassine que j’ai jamais reçue, lui qui prétendait avoir adoré mon bouquin.

Il y a tout simplement cet article que j’ai rédigé voilà un mois, sur cette question anodine : « dit-on auteur, auteure ou autrice ? » qui a déclenché des réactions en pagailles, certaines d’une telle violence, d’une telle rage, que j’ai dû fermer les commentaires, en censurer certains, et ai même, pour l’un d’entre eux, hésité à porter plainte.

Il y a cette bienveillance du journaliste qui, apprenant que vous êtes devenue maman, vous demande « mais comment arrivez-vous à concilier vie de famille et professionnelle ? » (parce qu’un homme, c’est clairement pas son problème). Il y a ceux qui en toute ingénuité vous demandent si vous avez usé de vos charmes pour être éditée. Et il y a ces collègues autrices, qui suent le talent par tous les pores, mais qui constatent l’air de rien, qu’en 10 ans de carrière, et après quelques bouquins qui ont une sacrée gueule, ce sont toujours des éditrices qui les rappellent et jamais des éditeurs.

Il y a ce troll qui, le soir-même où Pénélope Bagieu est devenue Chevalier des Arts et lettres, est allé pourrir sa page wikipedia pour lui reprocher d’être une mère indigne (vous avez bien lu). Et il y a eu cet article plein de morgue sur BD Gest au sujet de Claire Wendling, quand celle-ci a été reconnue par toute la profession comme comptant parmi les finalistes du Prix d’Angoulême 2016. Claire Wendling, dont tous les jeunes dessinateurs depuis dix ans apprennent le métier avec ses travaux sur les genoux. Claire Wendling dont BD Gest a gommé la bibliographie pour le plaisir de lui cracher à la figure. Claire Wendling qui a été si atteinte par la virulence des attaques qu’elle a subies, alors même qu’elle avait été CHOISIE par la profession, qu’elle a préféré demander à cette dernière de ne plus voter pour elle.

Alors bon… Le Collectif des Créatrices de BD contre le sexisme a déjà mis un grand coup de pied dans la fourmilière, mais il y a encore du travail.

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Edit 7 avril, 19h02. Deux libraires ont dit se sentir stigmatisés par mes propos. Comme vous pouvez vous en douter, ça n’était pas mon but. À côté de ça, un troisième et une bibliothécaire m’ont remerciée pour la prise de conscience et m’ont promis qu’ils tâcheraient d’être encore plus vigilants à l’avenir, histoire de « contrebalancer » le schéma. Évidemment, c’est plutôt la réaction que j’espérais provoquer.

Donc, comme ça n’est manifestement pas aussi clair que je le croyais et que c’est un peu dur de rectifier le strip maintenant, je vais préciser un détail. Quand le libraire dit « c’est qui celle-là », il n’est pas en train de faire preuve de misogynie. En effet, la plupart des libraires se moquent complètement du sexe de l’auteur. Simplement il n’a jamais entendu parler de Sara et ne sait donc pas qui elle est. Donc, il n’aura sans doute pas la curiosité d’ouvrir son livre et ne le poussera pas en avant. Les lecteurs, dont je fais d’ailleurs partie, ont le même réflexe. Sauf qu’une bonne vente dépend beaucoup du libraire, qui peut devenir la clé du succès d’un auteur s’il décide de le soutenir (oui, le libraire a ce super-pouvoir). Là où le dessin est faussé, c’est qu’en vérité, l’album de Sara (envoyé en bien moins d’exemplaires) a été probablement moins bien vendu par les commerciaux (les objectifs sont fixés par l’éditeur), et n’est peut-être jamais sorti du carton… ou si peu : ce n’est pas comme si les libraires avaient la place de tout mettre en rayon et de donner sa chance à chaque livre. Hélas, ils s’en plaignent assez eux-mêmes…

Enfin, un dernier point sur la misogynie en elle-même. Quand on en parle, on a tout de suite en tête l’image de l’horrible macho qui s’assume. Il faut être conscient que ce genre de personnage est en fait assez rare. La plupart des personnes (hommes ou femmes) qui font preuve de misogynie, en tout cas dans notre milieu, le font sans s’en rendre compte et sans la moindre intention de nuire. Elles se contentent de reproduire un schéma social qui leur parait naturel, et il suffit souvent d’attirer leur attention sur certains points pour qu’elles remettent leurs habitudes en question et se montrent plus vigilantes sur la suite. Le féminisme n’est une chose innée pour personne, pas même pour ses plus grands militants.

26 Comments

  1. Bonjour,

    Je suis actuellement étudiant en Game Design, et j’ai énormément aimé cet article. Je trouve ça vraiment super que des articles comme celui là existent. En tant qu’homme, et même jeune homme, j’ai du mal à me positionner au niveau du féminisme et pense que le meilleur moyen dont je puisse user pour faire valoir mes arguments est de travailler à ce que mes travaux ne véhiculent pas les clichés nauséabonds qui provoquent un tel désastre de représentation des femmes dans la fiction (et par extension, des femmes en général).

    Mais ce n’est pas pour parler de moi que j’écris ce commentaire. Je trouve ça simplement super cool que des personnes comme vous prennent le temps d’écrire des articles clairs, directs, et documentés pour dénoncer ce genre d’inégalités. Dans le jeu vidéo, les mauvais réflexes au sujet du traitement des artistes qui ont (apparemment) le malheur d’être des femmes est également très présent, et je suis vraiment heureux de voir que des artistes s’imposent, chacun et chacune à leur niveau pour se faire entendre. C’est d’autant plus le cas quand le propos est aussi pertinent et argumenté.

    En bref, je voulais vous remercier de votre article et, pour ce que ça vaut, soutenir les femmes, qu’elles écrivent, dessinent, composent, tant que les artistes (et pas que les artistes d’ailleurs) talentueuses et acharnées ne seront pas reconnues pour leur travail.
    Encore bravo et merci 😀

  2. Bonjour Audrey,
    Je suis étudiante, je rentre en Master de Communication l’année prochaine. Merci pour cet article, il est très bien fait et brosse très bien la réalité dans laquelle les femmes se trouvent en France. C’est un combat de tout les jours d’arriver à parler des inégalités entre hommes et femmes qui subsistent, tant dans le milieu de la Com’ qu’ailleurs. Comme toi, avant même d’être sortie de mes études, je ressens ce « plafond de verre ». Mais en parler en public, c’est encore tabou. Un grand nombre de femmes et d’hommes, considèrent encore que c’est une notion de féministe hystérique. Très souvent, j’ai l’impression de parler à des murs. Parler de règles, d’inégalité salariales, de harcèlement de rue, de remarques sexistes, c’est comme parler en mandarin à un écossais hispanophone. Stérile. Alors merci pour cette réflexion, qui a le mérite d’être honnête et informée par l’expérience.

  3. Bien le bonjour,

    Merci pour cet article.
    La situation dans le monde de la BD n’est que le reflet d’une société qui est bien trop misogyne. C’est loin d’être seulement ce monde.
    J’étais moins même un grand lecteur de BD, malheureusement moins aujourd’hui, de part ma manière de vivre. Je dois admettre que je n’ai pas ou peu lu de BD faite par des femmes. Cet article m’a fait réalisé cela. Cela n’est jamais venu à moi, je n’en n’est jamais trouvé sur les étagères des librairies… Peut-être est-ce par-ce que je lisais principalement des manga et des comics, où il me semble que la création féminine n’est pas du tout présente… Les japonais sont, de se que je sais, très misogynes et dans la BD américaine, il me semble qu’il y a quelques femmes pour faire la couleur…
    Cependant je pense que poser des questions et écrire dessus fait lentement avancer les choses. Je trouve cela choquant que l’on vive encore d’en une société où on est besoin de se poser ce genre de question. Que l’on en soit encore à débattre sur l’inégalité entre sexe, couleur de peau ou autre…
    Cependant je pense que l’on évolue, trop lentement certes, mais il y a du positif. En tout cas, je l’espère.
    Je dirais aussi que certaines personnes veulent lire des choses dessiner et écrite par des femmes. Car la vision et la manière, est clairement différente. Cette vision ne devrait pas avoir moins de valeur. Personnellement en tant homme, je suis très content qu’il y est de la BD érotique faite par une femme car j’en ai simplement marre de la vision de l’érotisme masculin et que je pense que le point de vue d’une femme sur la question est aussi très intéressant. Je ne pense pas être le seul ainsi.

    Bonne journée à tous et à toutes

    1. Bonjour,
      Je suis d’accord avec votre commentaire. Mais juste un peu étonnée sur ce que vous dites des mangakas… bien sûr la société japonaise en général est plutôt (très) sexiste pourtant il y a beaucoup (et de plus en plus) de mangakas femmes (et pas uniquement auteures de shôjô). Je ne dis pas qu’elles sont majoritaires non plus. Mais plutôt mieux représentées que dans la bd européenne. Enfin c’est mon impression.

      1. Il est fort possible. Mon commentaire se limite à mes connaissances. Je n’ai à ce jour, jamais lu de manga écrit par une femme. Il ne me semble pas en tout cas.

        1. Pourtant, c’est vrai qu’il y en a quelques uns… Parmi les plus connus, Full Metal Alchemist, Sailor Moon, la Rose de Versaille… Et encore, je ne suis pas connaisseuse 🙂

          1. Oui, un nombre incalculable 😉 le groupe de femmes mangakas « Clamp » a révolutionné le manga! Une auteure comme Rumiko Takahashi (Ranma 1/2 , Inuyasha), une des plus lues au monde, a très tôt créé des mangas publiés dans des magazines de garçon (weekly shonen jump, shonen signifiant garçon) et a remporté des prix dans cette catégorie. Mais ses histoires plaisent aussi beaucoup aux jeunes filles (ce qui explique aussi son succès, elle n’a pas hyperclassifié ses histoires).
            Il existe aussi un très vaste panel de mangaka femmes qui produisent énormément à destination des femmes de tout âge (josei, femmes adultes et shojo, petites filles) C’est parfois un peu stéréotypé mais je préfère mille fois une littérature écrite par des femmes pour des femmes que d’être obligé de se taper la condescendance des hommes qui croient savoir mieux qu’elles ce qui plaît aux femmes!
            Signé: l’amatrice de « shojo manga culculs forever » ^-^

  4. Bonjour,

    Je suis également confrontée à ce souci étant une artiste et en plus une artiste érotique. La majorité des personnes qui me suivent pensent que je suis un homme et quand ils découvrent que je suis une femme, j’ai forcément droit à des remarques du genre:
    « Mais pourquoi de l’érotique? »
    « Ce n’est pas bizarre ? »
    « Moi je ne laisserais pas ma femme dessiner des choses comme ça! »

    Parce que s’intéresser à ce côté des arts n’est forcément pas bien vu pour une femme, mais par contre quand c’est un homme, ça passe tout de suite mieux et on en rigole presque.

    Je suis dans ce domaine depuis bientôt 8 ans et je suis moins pris au sérieux qu’un homme qui serait dans ce domaine depuis 5 ans.

    1. Là je crois qu’on touche à un autre débat très féministe aussi, le droit de la femme à avoir une sexualité. C’est très mal vu dans nos sociétés pétries de considérations hérités des religions du livre…
      Donc, je te souhaite doublement bon courage!!

  5. Bonjour,
    Faut rien lâcher! Je trouve ça dramatique qu’une femme soit obligée de se faire passer pour un homme pour avoir une chance d’être publiée et de réussir. Pour ma part je suis architecte (et je ne compte plus le nombre de fois ou on m’a demandé « architecte d’intérieur??? » et ou j’ai eu droit au petit froncement de sourcil quand j’ai répondu « non d’extérieur » … sous-entendu « c’est pas possible une femme architecte !!! »). On doit être parfaites, on a jamais droit à l’erreur, je ne parle même pas de tout ce qui peut se passer sur un chantier et bien entendu des différences de salaire … bref je crois qu’on est malheureusement toutes logées à la même enseigne … mais faut rien lâcher!

    1. Tu as raison, mais il y a plusieurs façon de faire. Tout dépend de l’expérience de chacune, de l’âge, du but, du capital énergie, des combats que l’on mène par ailleurs…

      1. Oui tout à fait … je ne dis pas que c’est facile et c’est normal d’en avoir parfois ras-le-bol! Mais ça fait du bien de voir d’autres femmes – et aussi des hommes – qui en parlent et qui agissent pour que ça change!

        1. Je vais voler au secours de mon amie et collègue Alice Quinn, qui est trop modeste pour reconnaître que, bien qu’elle ne soit pas aussi ouvertement militante que moi (qui fatigue tout le monde avec mes combats quotidiens), elle écrit d’excellents romans qui font en vérité beaucoup avancer certaines causes. Ce sont des romans drôles, humains et féministes. Et à mon avis, ce genre de livre fait plus pour faire reculer le problème, qu’une note de blog, aussi revendicatrice cette dernière soit-elle. 😉
          Si vous êtes curieux : http://www.amazon.fr/Alice-Quinn/e/B00BZ1PDKA/ref=sr_ntt_srch_lnk_1?qid=1460120700&sr=8-1

          1. Audrey, tu es adorable!
            En réalité c’est un grand débat bien sûr.
            Essayer de faire avancer les choses avec ce qu’on crée, ou avec un militantisme plus direct?
            J’ai fait les 2 dans ma vie, par tradition familiale aussi et je culpabilise quand je me contente d’écrire.
            Je suis à cause de mon grand âge (si si) et de tout ce que j’ai fait, devenue tellement pessimiste sur les « avancées » en question, d’une façon ou de l’autre, qu’à présent je me contente de faire ce que je sais faire en étant moi-même et sans concession dans ma création. Je parle du fond. Mais je ne suis pas dupe et je pense surtout que je me fais plaisir, pas du tout que ça changera quoique ce soit.
            Il y a des flux et des reflux dans l’Histoire.
            Je préfère ne pas continuer sur le vrai fond de ma pensée pour ne pas plomber le moral de toutes.
            Allez, haut les coeurs.
            Et pour garder la pêche, il vaut mieux en effet lire Rosie Maldonne que me laisser dire ce que je pense vraiment.

          2. J’ai vu tant de personnes autour de moi évoluer loin de leurs préjugés ces dernières années, et même ces derniers mois… que je me dis que les choses bougent tout de même. Allez, ne désespère pas, la relève n’a jamais été si vive 🙂 On va finir par l’éteindre cet incendie en étant des milliers de colibris. 😉

  6. sympa cet article, je savais bien qu’il y avait des différences mais pas a ce point :/ moi qui aimerais devenir illustratrice ca donne plutot pas envie
    même si les profs feminines de mon école ont plutot bien réussi (ange – scenariste- , nathalie ferlut – auteure- … ) elles disent bien que pour les femmes le combat est différent …

    En tout cas je partage volontier ce petit article afin de sensibiliser mes proches quand à la difficulté d’etre auteure/ illutsratrice ou autre 😉

    1. D’un autre côté, les choses bougent pas mal en ce moment. C’est bon signe. Et puis, il faut être honnête, la plupart des personnes du milieu qui font preuve de misogynie, le font sans s’en rendre compte et sans intention de nuire. Elles se contentent de reproduire un schéma social et il suffit parfois d’attirer leur attention sur certains points pour qu’elles remettent leurs habitudes en question et se montrent plus vigilantes sur la suite.

    1. J. K. Rowling a signé de ses initiales car on lui avait déconseillé d’afficher son prénom féminin. Pour son 2e nom de plume, elle a choisi un pseudo masculin… En France, nous avons Fred Vargas… Et bien sûr, il y en a bien d’autres.

        1. Oui, bonne est un peu optimiste, mais ne veut pas dire non plus idéal.
          ça peut être une bonne solution suivant la situation et l’estimation et le courage et la force et l’histoire de chacune.
          Je ne l’ai pas choisie, mais je pense que c’est un moyen en tout cas de détourner ce couvercle, de parvenir à être éditée, de faire une pirouette , de continuer à écrire au lieu de s’épuiser…

  7. Intéressant, vraiment… oui dans le domaine des arts au sens large, le plafond de verre est sacrément opaque… j’ai pris un pseudo qui sonne masculin car je sais qu’en SF c’est le mieux que j’ai à faire.
    Mais je ne renierai pas ce que je suis non plus. Pour répondre à une remarque que tu ou ta collègue s’est prise: ce que je fais sera toujours un peu culcul (=romance) un peu gnangnan (=sens moral), malgré la science poussé et les combats hérités de manga. Parce que ça me plaît. Parce qu’il y a une majorité de femmes qui lisent et parce que j’ai passé mon adolescence à réécrire tous les classiques de la SF pour y intégrer des héroïnes filles avec des désirs de filles. C’est ainsi que j’ai commencé à créer. Ce n’est pas pour le renier aujourd’hui. Je vais en baver je sais mais après des études de science/info et après avoir bossé dans le jeu vidéo, bah… les mondes d’homme me font pas peur! ^-^ ok je suis un peu optimiste, c’est culcul ou gnangnan ça?

  8. Article parfait, comme d’habitude, Audrey.
    Merci pour avoir pris le temps de répertorier les axes principaux.
    Ce combat est celui du quotidien des femmes.
    De mon côté, ça fait longtemps que je l’ai abandonné.
    (je n’en suis pas fière)
    Mais je sens mon espace vie qui se rétrécit et je ne veux plus perdre de temps avec ces gens-là, j’ai tellement de livres à lire encore, de musiques à écouter, de discussion avec des amis à partager, de rires, de bons verres et aussi de livres à écrire…
    Comme le dit Dany Laferrière : « je laisse le racisme aux racistes, j’ai mieux à faire. »
    Quand ça entrave ma route, je fais un détour.
    Oui, c’est pénible, mais je n’ai plus le temps…
    Bravo Audrey et merci d’avoir cette énergie!

    1. Tu n’as pas abandonné. 🙂 Tes bouquins et Rosie Maldonne en particulier sont très féministes, en particulier parce qu’ils réhabilitent certains types de personnages féminins. On touche plus de monde avec nos bouquins qu’avec quelques pauvres notes de blog… La raison pour laquelle je les rédige malgré tout, c’est qu’elles sont avant tout lu par les collègues et, certains prenant ainsi conscience de certains problèmes (ou disons que cela peut enfoncer le clou quand il est positionné). Du coup, le combat peut faire tâche d’huile dans leur propres livres… etc.
      Oui, j’ai un tempérament d’utopiste.

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